Les condylomes sont des lésions génitales externes bénignes dues au virus HPV (Human Papilloma Virus). Sexuellement transmis, ils touchent indifféremment l’homme et la femme, principalement au début de la vie sexuelle. Il n’y a pas d’évolution cancéreuse, mais les récidives sont très fréquentes.
Les condylomes, ou verrues génitales, sont l’une des manifestations de l’infection génitale virale par le papillomavirus humain (Human Papillomavirus ou HPV). Ils sont considérés comme la plus fréquente des infections sexuellement transmissibles après les infections à chlamydiae. On estime en effet que 3 à 5 % de la population française présentera des lésions cliniques.
Dans le monde, on estime qu’environ 30 millions de sujets sont contaminés, c'est-à-dire porteurs du virus. L’incidence de ces infections est particulièrement élevée au début de l’activité sexuelle. Elle serait de 107 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants en France. La prévalence est maximale entre 20 et 25 ans, puis baisse nettement après 30 ans. Les condylomes sont également plus fréquents chez les patients immunodéprimés, c'est-à-dire aux capacités de défense amoindries : VIH, greffe d’organe.
Les papillomavirus humains forment une grande famille de virus dont il existe de nombreux sous-types que l’on peut classer en deux grandes catégories :
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- Les HPV responsables de lésions bénignes comme les condylomes, localisés au niveau des parties génitales et de l’anus. On parle de virus à bas risque oncogène (bas risque de cancer).
- Les HPV associés au développement de lésions précancéreuses et cancéreuses, en particulier du col utérin, du vagin, de la vulve, de l’anus et du pénis. Il s’agit des papillomavirus à haut risque oncogène (haut risque de cancer).
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Les lésions externes bénignes étant associées dans 20 à 30 % des cas à des lésions du col ou de l’anus potentiellement cancéreuses, il est indispensable de rechercher ces dernières, en particulier au niveau du col utérin, par la pratique d’un frottis gynécologique.
Les lésions bénignes ou condylomes externes
Chez l’homme comme chez la femme, les condylomes sont liés à l’infection des muqueuses par des HPV à bas risque oncogène, en particulier par les HPV de type 6 et 11 dans plus de 80 % des cas. Chez l’homme, les localisations les plus fréquentes sont le pénis, le prépuce externe et interne, le gland et la région périanale, alors que chez la femme, les condylomes se localisent sur la vulve, le périnée, les grandes lèvres et les petites lèvres, et sur la région périanale.
Il existe trois types de condylomes :
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- les condylomes acuminés qui sont des lésions bourgeonnantes, uniques ou multiples, rosées ou grisâtres, plus ou moins pédiculées (c'est-à-dire reposant sur une sorte de pied), localisées ou disséminées.
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- les condylomes papuleux consistant en des papules multiples, rosées ou de couleur de peau normale, à surface lisse, isolées ou en nappe.
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Le risque de contamination après un seul contact sexuel contaminant est de l’ordre de 60 à 70 %. Les manifestations cliniques apparaissent 3 à 6 mois après l’infection initiale, mais le virus peut également rester à l’état latent, c'est-à-dire endormi, pendant plusieurs mois, voire des années.
La régression spontanée est possible, mais l’évolution classique est habituellement l’extension des lésions en taille et en nombre, pouvant être responsable d’une gêne physique et psychologique importante. Elles n’évoluent pas vers des lésions cancéreuses, mais elles récidivent dans 30 % des cas environ. Elles finissent par disparaître avec le temps et les traitements.
Des lésions précancéreuses et cancéreuses peuvent coexister et doivent être recherchées
Les HPV à bas risque responsables de lésions bénignes peuvent coexister avec des infections par un HPV à haut risque, tel que l’HPV 16 par exemple, responsables de lésions précancéreuses ou dysplasiques qui peuvent devenir cancéreuses.
Chez l’homme, ces lésions dysplasiques surviennent sur le pénis et au niveau de l’anus, tandis que chez la femme, elles se localisent surtout au niveau du col, faisant ainsi le lit de plus de 99 % des cancers du col de l’utérus. On peut également les retrouver au niveau de la vulve, du vagin ou de l’anus. Ainsi, les HPV à haut risque oncogène seraient responsables de 85 % des cancers anaux et de 40 % des cancers de la vulve, du vagin et du pénis.
La coexistence des HPV à bas risque et des HPV à haut risque est fréquente et justifie la pratique d’un frottis cervical (du col) chez la femme porteuse de condylomes ainsi qu’un examen attentif de l’ensemble du périnée à la recherche de lésions suspectes, chez l’homme comme chez la femme.
Dossier réalisé d’après des entretiens avec des dermatologues référents de la Société Française de Dermatologie par le Dr Dominique Triviaux, médecin-journaliste.