Un responsable : le papillomavirus humain Les condylomes sont dus à l’infection de la muqueuse génitale par des papillomavirus humains (Human Papillomavirus - HPV) dont il existe de nombreux sous-types. On peut les classer en deux grandes catégories : Et de nombreuses questions encore non résolues Dossier réalisé d’après des entretiens avec des dermatologues référents de la Société Française de Dermatologie par le Dr Dominique Triviaux, médecin-journaliste.
Les condylomes, dus aux papillomavirus humains (ou Human Papillomavirus HPV), sont transmis par voie sexuelle. Le portage asymptomatique (c’est-à-dire la présence d’HPV sur la peau ou la muqueuse sans lésion visible) est très fréquent, concernant presque un quart de la population de moins de 25 ans sexuellement active. La virulence, ou au contraire la mise au repos du virus, reste encore un mystère.
- les HPV responsables des lésions bénignes externes, de type condylomes, qui sont à faible risque oncogène (ou faible risque de cancer) ;
- les HPV responsables des lésions précancéreuses et cancéreuses du col utérin, du vagin, de la vulve, du pénis ou de l’anus, qui sont à haut risque oncogène (ou haut risque de cancer).
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Ces virus HPV se transmettent par contact direct avec les lésions, essentiellement au cours des rapports sexuels. Des microtraumatismes entraînant des microlésions de la muqueuse (voir lexique) sont vraisemblablement nécessaires. Les papillomavirus étant résistants aux conditions environnementales (écarts de température, froid, chaleur, agents chlorés…), une transmission indirecte par de l’eau, du linge de toilette ou du matériel souillés est possible, de même que par les saunas ou les jacuzzis. Une auto-contamination à partir de verrues digitales est également évoquée. Au niveau de la lésion, les virus sont très nombreux, ce qui explique leur contagiosité.
Le risque de contamination après un seul contact sexuel contaminant est de l’ordre de 60 à 70 %. Les manifestations cliniques apparaissent 3 à 6 mois après l’infection initiale, mais le virus peut également rester à l’état latent, c'est-à-dire endormi, pendant plusieurs mois ou même plusieurs années.
Un certain nombre de questions persistent autour de la vie du virus et de sa virulence. En effet, on ne sait pas pourquoi certaines personnes contaminées vont développer des lésions et d’autres pas. De même, on ne sait pas pourquoi le virus peut être actif d’emblée, engendrant ainsi des lésions apparaissant dans les mois qui suivent la contamination, ou au contraire rester endormi pendant longtemps avant de refaire surface des années plus tard.
On ne sait toujours pas non plus pourquoi une personne qui a présenté des condylomes à une certaine période de sa vie, peut représenter des condylomes après de très nombreuses années sans lésion. Le rôle d’une nouvelle contamination a été évoqué, de même qu’un déséquilibre immunitaire de l’organisme, c'est-à-dire de ses capacités de défense…