PRéSERVER SON CAPITAL PEAU
Date de parution : 08 Août 2008
Article actualisé le : 14 Octobre 2009
SOLEIL ET PEAU

Le soleil induit sur notre organisme des effets bénéfiques et nocifs. Au-delà des ses effets positifs sur le moral, le soleil est avant tout la cause principale du vieillissement prématuré de la peau et des cancers cutanés.


Un mot d’histoire


C’est au début du 20ème siècle que les scientifiques ont commencé à s’intéresser aux bienfaits de la lumière pour traiter certaines maladies. Ainsi, en 1903, Niels Finsen, un chercheur danois, a reçu le prix Nobel de médecine pour l’utilisation de la thérapie ultraviolette dans le traitement du lupus. À partir des années 60, les médecins commencent à se rendre compte de l’importance du nombre de cas de cancers de la peau dans les professions très exposées au soleil, tels les marins et les agriculteurs. On parle même d’épidémie chez ces travailleurs très exposés malgré eux. C’est depuis cette époque que les dermatologues parlent des dangers des coups de soleil, des rayons UVA et B, et de la nécessité de la photoprotection.

 

Aux Etats-Unis, un cancer de la peau est diagnostiqué chaque année chez près d’un million de personnes et les prévisions annoncent qu’un Américain sur 5 sera touché par cette maladie au cours de sa vie. Dans d’autres pays très ensoleillés, comme l’Australie, où le taux de cancer de la peau est parmi les plus élevés au monde, les instances de sécurité sanitaire ont mis en place des actions de prévention très importantes, telles que l’utilisation de maillots de bain réalisés dans des tissus spéciaux, « sun-proof », pour protéger les enfants au maximum.

 

Dans de nombreux pays, les médecins sont « partis en guerre » contre les instituts de bronzage qui peuvent provoquer les mêmes méfaits que l’excès de soleil. L’utilisation régulière des cabines UV contribue en effet à la très forte augmentation de fréquence des cancers cutanés observée dans les pays développés.


Comprendre l’action des ultraviolets


Les mécanismes d’action des rayonnements ultraviolets (UV) sur la peau sont aujourd’hui bien connus. Les rayons du soleil sont composés de particules énergétiques : les photons ; ils ont différentes longueurs d’onde, et parmi eux, les rayons invisibles ultraviolets (UVA, UVB) et infrarouges peuvent plus ou moins pénétrer dans la peau.

 

Les UVB sont arrêtés dans l’épiderme en majorité et seuls 10 % atteignent les couches profondes de la peau. Les UVA en revanche pénètrent directement dans les couches plus profondes de la peau, le derme. Les autres rayonnements de type infrarouge peuvent atteindre des couches encore plus profondes. Par conséquent, les UVB font des dégâts épidermiques, tandis que les UVA entraînent aussi des modifications dermiques.

 

Lorsque les UVB entrent dans les cellules, ils sont absorbés par différentes molécules présentes dans celles-ci. Concrètement, soit la cellule meurt car sa membrane a été atteinte, soit une partie de l’ADN est modifiée, conduisant ensuite à des mutations plus ou moins importantes de la cellule. Ces mutations peuvent conduire à long terme à la formation d’une cellule cancéreuse qui se multipliera et formera une tumeur du type carcinome ou mélanome.

 

Les UVA agissent un peu différemment. Ils provoquent l’activation des radicaux libres dans les cellules profondes de la peau. Ces radicaux libres sont toxiques et vont à leur tour attaquer l’ADN, modifier le fonctionnement de la cellule ou la tuer.

 

L’organisme possède quelques armes contre les UV :

  1. Les cellules mélanocytaires produisent les pigments de la peau, les grains de mélanine, capables d’arrêter une partie des rayons du soleil. La mélanine absorbe les photons, disperse leur énergie sous forme de chaleur et capte les radicaux libres formés par cette réaction. Ainsi, la pigmentation naturelle (couleur de la peau) est le facteur essentiel des capacités spontanées de protection contre les rayons UV. C’est pourquoi les cancers de la peau prédominent chez les sujets blancs à la peau la plus claire (blonds ou roux qui ne bronzent pas ou peu), vivant au soleil.
  2. Les antioxydants (vitamine E, vitamine C) et les caroténoïdes (contenus dans les fruits et légumes de couleur rouge orangée) protègent contre les méfaits des UVA.

 

Il est à noter que chez les individus roux, la majorité des pigments de la peau sont de la phéomélanine. Ils sont rouges et ne protègent pas du soleil.

Les individus à peau foncée ont, quant à eux, une très grande majorité d’eumélanine, un pigment brun qui protège très efficacement contre les UV .

La couleur de la peau, des yeux et des cheveux permettent de définir différents types de peau par rapport à sa réaction au soleil. Ceci détermine 6 phototypes :


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Phototype.

0 = Albinos = dépourvus de mélanine
1 = Roux = coups de soleil sans bronzage
2 = Blonds aux yeux clairs = coups de soleil, puis léger bronzage
3 = Châtains = coups de soleil, puis bronzage
4 = Bruns = bronzage sans coup de soleil
5 = Méditerranéens, métis = idem
6 = Noirs = idem

En France, les phototypes 2et 3 sont majoritaires, c’est-à-dire que la plupart des sujets ont une relative fragilité vis-à-vis du soleil.

 

Des méfaits des ultraviolets


Les UVB sont les responsables des coups de soleil, et les UVA le plus souvent en cause dans les allergies solaires.

L’excès d’exposition aux UVA et UVB est la principale cause d’un vieillissement cutané prématuré et d’induction de cancer cutané. Il apparaît donc capital de se protéger des excès solaires durant toute la vie pour limiter ces risques.

Médicaments et soleil


Du fait de la prise de certains médicaments, le soleil peut entraîner des réactions appelées suivant le mécanisme en cause, phototoxicité ou photoallergie.

 

La photosensibilisation médicamenteuse peut se manifester de deux façons :


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1. . Une réaction phototoxique se manifeste par le fait qu’une très faible « dose » de soleil suffit à provoquer des réactions de type « coups de soleil » du fait de la présence d’un médicament qui multiplie les méfaits du soleil sur la peau. Les médicaments responsables de ces effets sont bien connus des médecins. Il est donc important de se protéger très efficacement de l’exposition solaire lorsque l’on doit prendre l’un d’entre eux.


2. Une réaction photoallergique, c’est-à-dire que le médicament en cause est transformé par l’organisme en un produit qui réagit négativement sous l’effet du soleil et provoque alors une réaction allergique. C’est une réaction plus rare.


Lorsque l’on prend des médicaments et qu’une manifestation cutanée anormale paraît provoquée par le soleil, il faut bien évidemment arrêter toute exposition au soleil et consulter rapidement son médecin traitant pour en identifier le médicament responsable et prendre cette manifestation en charge.